Communiqué de presse de Gilles PARGNEAUX

Député européen, premier secrétaire de la fédération du Nord du PS
24 août 2011

Le plan de rigueur qu’a présenté ce mercredi François Fillon –sans jamais assumer ouvertement ce terme- reste à l’image de la politique menée par ce gouvernement depuis maintenant 4 ans : doux pour les riches, dur pour la majorité des Français et sans effet sur les vrais enjeux du moment.

François Fillon renie sans l’avouer le bouclier fiscal défendu depuis 2007 en proposant une taxe légère et temporaire sur les revenus annuels supérieurs à 500 000 euros, une modeste augmentation des prélèvements sociaux sur les revenus du capital et un coup de rabot sur les abattements fiscaux des plus-values immobilières. En annonçant l’intégration des exonérations fiscales des heures supplémentaires dans le calcul des allègements de charges des entreprises, il semble enfin prendre acte de l’échec coûteux de cette réforme phare de son gouvernement.

Les socialistes ont rappelé à maintes reprises que les réductions d’impôts pour les plus riches n’avaient aucun effet sur la consommation, mais encourageaient la spéculation financière. Et que les exonérations de cotisation sur les heures supplémentaires pénalisaient gravement la reprise de l’emploi, en permettant un vaste blanchiment de travail au noir. Or le coût de ces mesures a durablement affaibli notre pays. La Cour des comptes a récemment indiqué que les deux tiers du déficit de la France ces dernières années s’expliquaient par les mesures gouvernementales, un tiers seulement par la crise. Voilà d’où vient la lourde dette dont s’affole aujourd’hui le gouvernement !

Hélas, l’aveu d’échec auquel nous avons assisté n’est pas allé à son terme. Là où il aurait fallu abroger purement et simplement les mesures néfastes de ce quinquennat et lancer des initiatives énergiques pour la consommation et l’investissement, le Premier ministre persévère dans la même désespérante politique, sans apporter aucune solution durable aux difficultés des Français et à la crise structurelle de notre économie.

Une fois encore, ce sont les plus fragiles qui paieront l’addition : les foyers à bas revenu et les PME, touchés de plein fouet par la crise, les jeunes, à qui aucune solution d’avenir n’est offerte alors que notre système éducatif se dégrade à vue d’œil, les plus âgés enfin, qui attendaient une réforme de la dépendance repoussée « début 2012 », en pleine campagne électorale.

Un autre chemin, une autre ambition seront nécessaires pour sortir notre pays de l’ornière où l’ont jeté dix années de gouvernement conservateur au service des plus riches. Les socialistes sont déterminés à aller chercher où elles se trouvent les ressources qui financeront les nouveaux secteurs de croissance, l’investissement public, la recherche, l’éducation. Les gros revenus, les revenus financiers et les bénéfices des très grosses entreprises doivent être mis davantage à contribution.

Il reviendra aux Français de trancher en 2012.

Publié dans COMMUNIQUES DE PRESSE |